Mettez tout l’éclairage naturel de votre côté

Si vous vous faites construire une maison ou que vous faites rénover celle que vous habitez déjà, préférez des fenêtres au vitrage clair afin de profiter des rayons solaires nourriciers qui gardent le corps et l’esprit alertes, puis des autres qui disposent à la détente et qui donnent une ambiance sereine, mais toujours nette. C’est ce que plaide Marie-Claude Dubois, PhD, professeur à l’École d’architecture de l’Université Laval et chercheuse en ambiances physiques.

Vitres Teintées Eclairage Teinté

La lumière solaire visible, résume-t-elle d’entrée de jeu, se décompose en lumière bleue, verte, jaune et rouge. Ces couleurs sont observables à travers un prisme et dans l’arc-en-ciel.

Résistez, continue-t-elle, à l’attrait du verre teinté et optez pour le clair, dont les couleurs spectrales sont complètes. Car les déficits de certains rayons (surtout les bleus) peuvent causer, selon le cas, l’endormissement ou la déprime. D’un autre côté, un manque de lumière rouge risque de causer de la fatigue visuelle ou de faire paraître les visages blafards, les ciels tristes, etc.

De façon générale, évitez les vitrages d’une couleur fortement prononcée. Le vitrage bleu, par exemple, bien qu’il produise un éclairage stimulant peut occasionner des migraines, des fatigues visuelles intenses, voire une intoxication de la rétine lors d’une exposition de longue durée.

Horloge biologique

Les bleus sont le principe même de notre « horloge biologique », tandis qu’ils tiennent l’humeur en équilibre, stimulent l’esprit et le gardent vigilant. Ils sont vitaux.

« Vous pouvez bien vous faire installer des vitres d’aspect bronze ou contrecoller sur du verre régulier une pellicule teinté de même nature. Vous verrez le dehors sans cesse ensoleillé, quel que soit le temps, et votre vision de certains contrastes sera améliorée. A l’intérieur, les visages humains auront l’air plus roses et sains. Mais le verre réduira fortement la quantité de lumière bleue, essentielle pour notre équilibre photobiologique. À moins de compenser par un éclairage intérieur d’appoint », déclare le Dr Marc Hébert, médecin spécialiste au service du centre hospitalier Robert-Giffard et chercheur en photobiologie, science qui a pour objet d’étudier l’action de la lumière sur les êtres vivants.

La lumière bleue, poursuit-il, n’est opportune que le matin. Le soir — produite d’ordinaire par un éclairage incandescent ou fluorescent « blanc bleuté » —, elle est incommodante. On ne l’aperçoit pas, d’accord. Pourtant, on la devine. « Car l’atmosphère nous paraît froide », trouve le scientifique. De plus, cette exposition à contretemps au bleu dérègle notre horloge biologique. Au crépuscule, dans la salle de séjour par exemple, c’est de la lumière blanche tirant sur le rouge, le vert ou le jaune qu’il faut.

« La lumière bleue matinale met chaque jour notre horloge à l’heure. Elle accorde nos rythmes biologiques à l’environnement et les accorde entre eux », professe le Dr Hébert. Sans quoi, on porte flanc à la nonchalence.

Teintée bleu

En revanche, si votre vitrage est teinté bleu, c’est la lumière bleue qui passera essentiellement. Bien qu’elle soit bénéfique pour la photobiologie, elle est de nature à causer un grand stress oculaire. À tel point que les gens qui y sont longuement exposés ont des migraines, des étourdissements et même des troubles de vision. De plus, leur décor leur semble proche d’un « vieux film en noir et blanc ». Même les roses et les rouges leur paraissent noir et gris.

À domicile donc, soutiennent les Drs Dubois et Hébert, il vaut mieux mettre l’éclairage naturel de son côté. D’autant que l’hiver est long et les journées raccourcies. Ce manque à éclairer, c’est connu, provoque des déprimes saisonnières. Une personne sur quatre au moins en est victime.

Par ailleurs, il y a à peine 15 générations, rappelle Mme Dubois, l’homme passait l’essentiel de son temps à l’extérieur. Il était modelé de lumière et l’est encore. « À présent, c’est 90 % de son temps qu’il passe dans la maison ou au bureau. Le changement est considérable, pourtant la biologie humaine n’a pas beaucoup changé. Un éclairage artificiel bien pensé peut combler l’écart, mais la dépense d’énergie en résultant pourra sembler suspecte dans les bâtiments verts de demain, qui doivent utiliser le plus possible la lumière naturelle comme source principale d’éclairage », appréhende Marie-Claude Dubois.

Elle en convient, les vitres « bronzées » augmentent le confort corporel l’été et abaissent les frais de climatisation. Mais sans lumière bleue. Troublante distorsion, s’inquiète-t-elle.

Elle n’en démord toutefois pas. Le vitrage teinté clair reste l’approche la plus saine et esthétique. Pour peu qu’on régule les agressions (surchauffes) solaires d’été par des stores, des toiles opaques ou des tentures, à l’extérieur au mieux ou à l’intérieur. Des lames brise-soleil, des auvents de fenêtre, de grands larmiers (débords de toit) ou des arbres feuillus, dehors, sont encore plus efficaces.

D’un autre côté, l’été, dans la maison, l’éblouissement peut être réprimé par des couleurs murales stratégiques. Autres que le blanc, qui l’aggrave, selon le Dr Hébert.

Blafard

Néanmoins, il est temps, estime Mme Dubois, que les marchands de verre et de fenêtres détaillent auprès de leurs clients la colorimétrie ou l’intensité de coloration de leurs verres, leurs attributs optiques et thermiques, leur qualité spectrale. « On en est là », croit-elle. Car, pour sa santé mentale et physiologique, c’est aussi de la lumière qu’on achète. On appréciera le verre plus à son utilité qu’à sa beauté.

Quand il fait gris des jours durant, qu’on passe beaucoup de temps dans la maison ou au bureau et que le verre est teinté, notre environnement devient blafard. Et le spleen nous envahit. Que le vitrage « bronze » s’accorde avec une pièce où prévaut la relaxation (chambre à coucher ou spa), soit. Mais, s’il est au sud, là même où se trouve la table à petit déjeuner ou le boudoir où on lit ses journaux le matin, il est malséant.

Au rythme de la lumière du jour

La lumière intérieure artificielle doit marcher au rythme de la lumière du jour, qui est directe et tonifiante le matin, claire et pondérée le midi lorsque l’astre solaire est au-dessus de nous, reposante et plus chaude le soir, lorsque celui-ci est derrière nous.

« Le matin, le bleu est d’attaque. Le midi, il est en état de veille, le soir le rouge prend la place », trouve Marc Hébert, médecin spécialiste au centre hospitalier Robert-Giffard et chercheur en photobiologie.

Le matin, si la table à déjeuner est au nord, il faut sans doute compenser par un éclairage fluorescent bleu (daylight). Le midi, dans les pièces de vie telle la cuisine, à défaut d’un éclairage naturel satisfaisant, un blanc plus blanc (cool white) peut être opportun. Il donne, dit-on, une ambiance ensoleillée et rehausse l’apparence des objets. Le soir, dans la salle de famille, un blanc doux (soft white) est idéal.

En fait, c’est l’indice kelvin qui commande les tubes fluorescents ou les fluorescents compacts. Moins il est élevé, plus l’ambiance est reposante. La lumière bleue, si indispensable le matin, peut, par exemple, donner 6500. Le soir, on la trouvera froide. En revanche, à 5000, elle est claire, limpide et animée.

À 3000, elle est propice à la détente, cependant qu’elle est comparable à la lumière incandescente. « Mais les peintres d’art et sculpteurs préfèrent de plus grands indices. Puisque les couleurs ressortent davantage », trouve François Duchaine, conseiller au département de l’éclairage chez Home Dépôt, rue Bouvier.

(D’aprés Cyber Presse)

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