Derrière le filtre solaire anti ultraviolets, Ibrahim n’est pas comme les autres !

Finis les rideaux tirés, les stores solaires déployés, les tenues spéciales et l’écran total de protection solaire toutes les deux heures: depuis la rentrée, Ibrahim, cinq ans, peut évoluer normalement derrière les filtres UV anti ultraviolets installés dans sa maternelle de Joigny, entre Auxerre, Troyes, Melun et Orléans, à l’abri du soleil et des rayons solaires, mortels pour cet enfant de la lune. Vive le filtre solaire pour vitrage !

« Allez viens, on va se préparer pour aller à l’école ». Ce matin, comme à chaque fois qu’ils quittent la maison, le rituel démarre.

La mère d’Ibrahim, lui applique de la crème solaire écran total sur le visage et les mains, et l’équipe, par-dessus ses vêtements, d’une cagoule, de gants et d’un T-shirt, en tissu anti-UV de protection solaire et réalisés sur mesure pour filtrer les rayons nocifs du soleil.

Ibrahim se laisse faire, sagement assis sur le rebord de la table du salon, les yeux rivés sur les dessins animés du matin, sans se soucier de tous ces filtres solaires.

« Le soleil n’est pas mon ami. Il est méchant », répète cet enfant de la lune, atteint de xeroderma pigmentosum, une maladie génétique qui empêche de réparer les lésions créées par les rayons ultraviolets.

La cinquantaine de personnes en France, et les 3000 à 4000 personnes dans le monde, atteintes de cette maladie rare, incurable à ce jour, ne peuvent supporter les rayons ultraviolets UVA et UVB et ont un risque de cancer 5000 fois plus important que la moyenne. Leur pronostic vital est de ce fait limité à une vingtaine d’années.

« Le plus difficile, c’est l’été, où les périodes de rayonnement ultraviolet et d’éblouissement solaire sont les plus grandes et les plus longues. Il ne peut pas sortir avant 22 heures. A ce moment-là, un enfant de cinq ans n’a plus rien à faire dehors. Il est fatigué au bout de cinq minutes. Donc, jour et nuit, il est enfermé à la maison, où il n’y a pas grand chose à faire », raconte la mère d’Ibrahim, qui a arrêté de travailler pour s’occuper de son fils.

« Aller à la maternelle, pour lui, c’est comme sortir de prison. Depuis que les filtres anti-UV (films solaires teintés de protection) ont été installés, au milieu des autres enfants, on ne peut pas savoir qu’il est malade », ajoute-t-elle. Ibrahim, lui, a déjà enfilé son cartable Spiderman.

En mai 2010, la ville de 10000 habitants a décidé d’équiper la maternelle Saint-André en filtres solaires anti-UV et en ampoules n’émettant pas de rayons ultra-violets afin qu’Ibrahim puisse être accueilli « normalement ».

Dans la salle de classe, les filtres de protection solaire, parfaitement transparents et invisibles sur les fenêtres, laissent cependant totalement passer la lumière.

« Avant, il fallait tirer les rideaux ou abaisser les stores pour fenêtre, lui mettre de la crème toutes les deux heures et lui faire porter ses vêtements de protection solaire », détaille Isabelle Giudice, la maîtresse de l’enfant, qui vient de rentrer en grande section.

A l’appel de cette mairie, la Ligue Contre le Cancer de l’Yonne a financé le coût du dispositif, soit 4500 euros.

Pour l’entrée en CP d’Ibrahim l’année prochaine, la ville et l’association ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles comptaient équiper l’école primaire située juste à côté de film solaire sur les vitrages et les vitres du bâtiment.

A l’heure de la récréation, Ibrahim et un camarade transforment le reste des bâtiments en terrain de jeu. Le vélo ou le ballon sauteur sont alors autorisés dans les couloirs.

Plus d’informations et pour toute demande de renseignement sur la pose de film filtre solaire anti ultraviolet, cliquer ici.

2 réponses
  1. Hamdane Djouher dit :

    Salut Toutou,
    je suis vraiment peiné pour la santé d’Ibrahim. J’espère qu’avec le temps il guérira. Je vous souhaite beaucoup de courage à toi et à Samir.
    Je vous embrasse
    Djouher

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